Canada–Algérie: L’heure de débrider les esprits pour bâtir 2050
Le monde n’est plus celui que nous avons connu. Entre reconfiguration des alliances et émergence de nouveaux pôles de puissance, les modèles de coopération hérités des décennies passées s’essoufflent. Face à cette mutation irréversible, une évidence s’impose : l’avenir appartient à ceux qui sauront anticiper les tendances lourdes et transformer les liens historiques en passerelles stratégiques.
La mondialisation ne disparaît pas ; elle change de nature. Nous passons d’un système dominé par quelques centres à un monde multipolaire instable, fait d’intérêts croisés et de rapports de force en constante mutation. Derrière les soubresauts de l’actualité, des mouvements de fond redessinent l’économie, la technologie et la géopolitique.
Dans ce contexte, la capacité à sortir des cadres de pensée classiques devient une compétence de survie. Il ne s’agit plus seulement de s’adapter, mais de « débrider les esprits » pour oser des constructions nouvelles. Une réflexion que canadalgerie.info souhaite porter au centre du débat public.
Un héritage à réinventer
La relation entre le Canada et l’Algérie offre, à ce titre, un cas d’étude fascinant. Si les années soixante-dix et quatre-vingt ont marqué un âge d’or du transfert de savoir-faire — avec des projets structurants comme l’INPED qui symbolisaient une souveraineté par le savoir — les trajectoires institutionnelles ont parfois semblé se distendre avec le temps.
Ce décalage s’explique notamment par des pôles d’attraction divergents : un marché canadien naturellement intégré à l’écosystème nord-américain sous l’influence des États-Unis, et une Algérie traditionnellement tournée vers l’Europe. Pourtant, les deux pays partagent des traits communs, à commencer par le français, langue commune qui constitue un atout facilitant les affaires et le commerce.
Au fil de ces années, le lien humain, lui, n’a jamais cessé de se renforcer. Aujourd’hui, une communauté algérienne hautement qualifiée et parfaitement intégrée au tissu économique canadien agit comme un pont vivant. Ce potentiel, autrefois perçu comme une simple conséquence de l’émigration, devient aujourd’hui un actif stratégique majeur pour répondre aux défis de la transition énergétique et de la révolution numérique.
2025 : L’année où les plafonds de verre ont tremblé
L’année 2025 restera sans doute comme celle où cette ambition a repris corps à travers des actions concrètes. La communauté a prouvé qu’elle n’était plus spectatrice, mais actrice de son destin.
Plusieurs jalons ont été posés. On pense inévitablement à la conférence du Dr Amar Boukheddami à l’UQAM. Véritable moment de prospective, cette rencontre a invité l’auditoire à une « maîtrise du futur » par l’innovation, brisant l’idée que nous devions subir l’avenir.
Ce dynamisme s’est confirmé avec le succès du salon SINA Montréal, carrefour d’affaires pragmatique, et a été célébré lors du prestigieux Gala d’excellence de la Fondation Club Avenir à HEC Montréal. Ces événements, en écho à l’IATF 2025 (Foire commerciale intra-africaine) et à l’African Startup Conference tenues à Alger, ont démontré une chose : la diaspora est prête. Elle a commencé à fissurer les plafonds de verre.
L’Algérie, passerelle naturelle vers l’Afrique 2050
Le véritable saut qualitatif — et c’est là le cœur de notre réflexion — consiste désormais à ne plus penser la relation de manière bilatérale, mais comme un moteur pour une ambition élargie : celle du Canada et de l’Afrique.

« L’Algérie est le poumon de l’économie Afrique du Nord, sa diaspora est singulière au Canada, silencieuse mais particulièrement intégrée et très efficace au Canada. La CCCA veut s’appuyer sur l’Algérie pour faire du Maghreb une destination d’affaires de choix pour des entrepreneurs canadiens » disait Dr Armand Armand NGAKETCHA, président de la Chambre de Commerce Canada-Afrique lors d’une entrevue avec canadalgerie.info.
L’Algérie, par sa géographie et son histoire, est le pivot naturel de cette jonction. L’Afrique n’est plus un simple marché de consommation ; c’est un continent en pleine mutation, berceau de l’innovation frugale et réservoir de jeunesse.
« Débrider l’esprit », c’est envisager une coopération fondée sur la co-construction et le transfert de valeur partagée. Dans cette perspective, l’idée de faire d’Alger un carrefour économique Canada-Afrique à l’horizon 2026 n’est plus une utopie, mais une étape logique. Il s’agit de créer un espace où l’on ne vient pas vendre des solutions prêtes à l’emploi, mais où l’on vient penser et investir ensemble.
Anticiper ensemble le prochain pas
Cet article est une invitation. Pour bâtir ce monde de 2050, il faudra plus que des compétences techniques ; il faudra une posture mentale nouvelle. C’est dans cette optique que canadalgerie.info continuera, dans les mois à venir, de créer des espaces de rencontres pour outiller les esprits et libérer les ambitions

