Canada-Algérie : l’entretien Anand-Attaf ouvre de nouvelles perspectives stratégiques
Le récent entretien entre la ministre canadienne des Affaires étrangères Anita Anand et le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, marque une nouvelle étape dans les relations Canada-Algérie. Discret mais constant, ce partenariat bilatéral s’est renforcé au cours de la dernière décennie autour d’enjeux diplomatiques, sécuritaires, économiques et régionaux.
Cette discussion entre les deux responsables intervient dans un contexte où le Canada souhaite consolider sa présence diplomatique en Afrique du Nord, tandis que l’Algérie s’impose comme un acteur clé de stabilité dans le bassin méditerranéen et au Sahel. Face aux recompositions géopolitiques dans la région sahélienne, Ottawa et Alger partagent un intérêt commun pour la prévention des conflits, la sécurité régionale et la lutte contre les réseaux criminels transnationaux.
Les échanges commerciaux entre le Canada et l’Algérie ont dépassé 1,7 milliard de dollars canadiens en 2024, confirmant le poids croissant de l’Algérie parmi les partenaires économiques du Canada au Maghreb. Les exportations canadiennes vers l’Algérie sont principalement composées de céréales, de machinerie et de technologies industrielles, tandis que les importations algériennes concernent surtout les hydrocarbures et leurs dérivés.
Un partenariat Canada-Algérie en progression
Au-delà des échanges commerciaux, la relation entre le Canada et l’Algérie repose également sur des liens humains solides. La communauté algérienne au Canada, estimée à plus de 150 000 personnes, constitue un véritable relais entre les deux pays. Cette présence nourrit des échanges culturels, sociaux et économiques de plus en plus visibles.
Autre indicateur fort de ce rapprochement : plus de 10 000 étudiants algériens fréquentent chaque année les établissements canadiens. Cette tendance, en hausse depuis 2018, illustre l’attrait du Canada pour la jeunesse algérienne et le potentiel de la coopération universitaire et technologique entre les deux pays.

La coopération entre le Canada et l’Algérie dépasse le seul cadre diplomatique. Sur le plan sécuritaire, les deux pays suivent avec attention l’évolution de la situation au Sahel et en Afrique du Nord. L’Algérie, forte de son rôle régional dans la médiation et la stabilité, apparaît comme un partenaire stratégique pour Ottawa dans une zone marquée par l’instabilité et les menaces transnationales.
Le dossier énergétique occupe également une place centrale dans les relations Canada-Algérie. Engagé dans une transition vers les énergies propres, le Canada voit dans l’Algérie un acteur capable de jouer un rôle important dans la sécurité énergétique de l’Europe, et potentiellement de certains marchés nord-américains. De son côté, l’Algérie poursuit ses efforts de diversification énergétique, avec une attention croissante portée au solaire.

Ce secteur ouvre de nouvelles perspectives pour les entreprises canadiennes, reconnues pour leur expertise dans les technologies propres, les solutions industrielles et l’innovation énergétique. Cette convergence pourrait favoriser de futurs projets de coopération Canada-Algérie dans les années à venir.

